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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


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Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

Années 20 : naissance de la radio contemporaine

Chanson, information, animation : il fallait tout inventer il y a cent ans

La radio est aujourd'hui plus que centenaire. Mais à l'origine sa mission n'était véritablement pas de devenir ce qu'elle est aujourd'hui !

La première expérience d'émission radiophonique depuis la terre (1901) a pour instigateur le physicien italien Marconi. Il est en quelque sorte le père de la T.S.F. ("Télégraphie sans fil" puis "Téléphonie sans fil").

Les stations de radio n'avaient pas pour mission, à l'origine, de diffuser de la musique

Personne, d'ailleurs, n'y songeait. Il fallait strictement diffuser de l'information : les cours de la Bourse, les prévisions météorologiques, des messages codés destinés aux armées... Et l'heure exacte : rappelons qu'au début du vingtième siècle, l'heure n'était pas la même dans toute la France ! Outre ces services, la radio apportera ensuite à domicile la culture à ceux qui y avaient difficilement accès : programmes éducatifs, œuvres théâtrales, etc. La voix fait son apparition fin 1921 ; pour l'occasion, la cantatrice Yvonne Brothier entonne la Marseillaise en direct.

La première expérience d'émission de radio autorisée depuis la mer remonte à 1919

C'est à nouveau Marconi qui la réalise à bord du yacht Elettra. Dès lors, les navires se croisant auront coutume, après les messages réglementaires d'usage, de diffuser, par la radio du bord, un disque joué sur le phonographe de service. Mais si l'on diffuse occasionnellement des disques à la radio depuis la mer (c'est peut-être ce qui va donner naissance aux radios pirates des années 60 !), l'idée n'a pas encore été expérimentée depuis la terre ferme.

La radio contemporaine naît en 1920 à l'occasion de l'élection du vingt-neuvième président des Etats-Unis

Ce sera Warren Gamaliel Harding mais personne n'en sait encore rien. Dans l'attente des résultats du dépouillement, l'animateur en charge de l'émission, ayant bien du mal à remplir l'antenne, imagine de diffuser des disques plutôt que de dire n'importe quoi ou de "laisser des blancs" (espaces silencieux). Ce jour-là, les principes de la radio moderne sont établis ; ils seront accaparés par les stations du monde entier... mais pas sans lutter !

Une fois acceptée l'idée de diffuser de la musique à la radio...

Dans un premier temps, le support disque est catégoriquement refusé. Aux Etats-Unis, où les syndicats de musiciens sont fort puissants, on préfère faire venir des orchestres qui jouent en direct depuis les studios de radiodiffusion. Mais cela coûte cher, et les petites stations locales, rapidement, ne peuvent plus faire face. C'est donc par nécessité qu'elles ont recours à la musique préenregistrée. Il en va de même en France où d'innombrables petites stations commerciales subsistent tant bien que mal (jusqu'à leur disparition en 1940). Aussi incroyable que cela puisse paraître, l'idée d'utiliser deux tourne-disques ou de faire seconder le speaker par un technicien ne jaillit pas immédiatement : - La radio n'a pas manqué, en France, de présentateurs de disques auxquels on a reproché leur manque d'originalité. Il restait à découvrir une sorte de jongleur qui mettait un 78 tours sur le plateau, puis le retirait pour donner brusquement la parole à son invité vedette (Louis Merlin en 1951 cité dans Les Aventuriers de la Radio).

Des voix s'élèvent

La radio, au vingtième siècle, n'aurait pas pu vivre sans le disque ; sa consommation effrénée de musique préenregistrée n'allait-elle pas porter préjudice à certains pans du show business ? En effet, en 1942, la chanson de variété traverse une période de crise : le très puissant syndicat des musiciens américains (AFM, initiales de American Federation of Musicians) entame sa croisade contre la "menace de la musique mécanique".

Jusqu'alors les artistes venaient interpréter leurs œuvres en direct à la radio

Depuis des années, l'AFM se doutait bien qu'à plus ou moins brève échéance le disque enregistré remplacerait la présence vivante. Pour faire entendre sa voix, l'AFM, en grève, perturbe la parution de disques nouveaux. Pire ! Les émissions de radio en direct doivent se passer des services des musiciens. Dès lors, les plus grands chanteurs du moment (et l'on pense immédiatement à Frank Sinatra, Bing Crosby, etc.) sont obligés de chanter a capella. Ce mouvement revendicatif durera près de deux ans et reviendra sur le tapis à l'automne 1947. Cette fois les disquaires, prévoyant un mouvement durable, anticipent en stockant par avance, pour faire face à la demande pour les mois à venir, d'énormes quantités de 78 tours ainsi que les premiers microsillons dont ils avaient pu passer commande auprès des grossistes.

Entre-temps le vinyl avait été découvert, qui allait sauver pour plusieurs décennies l'industrie discographique

Contrairement aux inquiétudes exprimées par les syndicats de musiciens, la radio, à la fin des années quarante, loin de ruiner l'industrie discographique, était en train de contribuer à son épanouissement en permettant à des auditeurs de plus en plus nombreux de découvrir des œuvres de longue durée et de les acquérir sur un support désormais réputé incassable.

Les musiciens sont sauvés, le disque et la radio aussi

Grâce au vinyl, les compagnies discographiques sont dans l'obligation de produire de plus en plus de nouveaux disques. Les musiciens, même s'ils voient, réduit comme peau de chagrin, le budget auparavant alloué à ceux d'entre eux qui venaient jouer en direct, sont, en contrepartie, assurés d'avoir du pain sur la planche dans les studios d'enregistrement. C'est l'âge d'or qui commence !

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