InfoDisc

By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


Régulièrement un nouvel Article.


Déjà environ 300 Articles proposés sur quelques anecdoctes, révélations ou secrets des Stars de la musique ou sujet divers...


Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

La guerre entre Beatles et Rolling Stones

Les deux plus grands groupes anglais étaient-ils vraiment rivaux ?

Dans les cours de récréation, leurs fans se bagarraient. Or les artistes, si éloignés fussent-ils dans leur comportement et leur musique, étaient amis et acolytes

Les Beatles et les Stones sont-ils vraiment si différents ? Leurs images, effectivement, semblent se heurter, mais leurs actions se complètent. A la démission des premiers (séparation rendue officielle au printemps 1970), les seconds "virèrent de bord" pour s'adonner à un rock tirant fortement sur la variété et le glamour. Angie et Miss You sont fort loin de Street Fighting Man. L'émulation disparut lorsque Let It Be, faire-part musical, annonça tristement de son cadre noir, la mort des Beatles. Quelle put être l'influence des Beatles sur les Stones ? Les Rolling Stones sont-ils les fils cachés des Beatles ? Les Stones sont-ils vraiment l'antithèse des Beatles ?

Les Beatles aigris et agressifs

Comme le disait Paul McCartney lui-même, les Beatles, avant leur rencontre avec leur manager Brian Epstein, n'étaient pas réellement des "mauvais garçons" comme on l'a souvent dit, mais simplement des jeunes gars lâchés peut-être un peu trop tôt dans des villes hostiles. Liverpool n'est pas spécialement gaie, Hambourg quant à elle, représente, à l'époque, la ville du plaisir et de la débauche. L'influence de cette "cité du vice" confère un humour noir aux quatre compères.

Leurs échecs musicaux successifs ajoutent rancœur et sentiment d'injustice.

Epstein leur fait comprendre que cette attitude de rejet attirera obligatoirement la même réaction de la part du public. Ils ne doivent pas être hargneux mais, au contraire, devenir de "sympathiques jeunes gens un peu fous". Alors, on leur pardonnera tout. Leur coupe de cheveux ? Un "truc" génial… Leurs paroles simplistes ? Bien pardonnable : ils sont si gentils.

Deux façons totalement opposées d'envisager la révolution culturelle

Une insertion efficace dans un système léthargique ou bien une agression pure et simple ? C'est cette deuxième solution que choisissent les Rolling Stones. D'ailleurs, comment faire autrement ? La première place étant déjà prise, copier les Beatles eût été, dès le départ, voué à l'échec. Les Rolling Stones, teigneux, choisissent d'être les meilleurs dans leur style, plutôt que d'être à vie des sous-Beatles.

Les Stones sont la meilleure création des Beatles !

Les Beatles sont gentils, les Stones sont méchants. Les Beatles sont propres, les Stones sont sales. Les Beatles sont beaux, les Stones sont laids. En 1963, celui qui imite la coupe ou les vêtements Beatles passe pour un original, un excentrique mais certainement pas pour un petit voyou qui recevrait des taloches s'il osait de déguiser en Stones. Un fan des Beatles essaie de copier son idole d'une façon ou d'une autre. Un fan des Stones, quant à lui, ne peut que rejeter ses complexes, ses inhibitions sur Mick ou Brian. D'ailleurs, qui n'aimerait être à leur place ? A tous les points de vue, eux réussissent là où quiconque échouerait. Un tel succès, auprès des femmes, auprès des fans, avec de telles "gueules", voilà de quoi ulcérer les adultes. "Les Beatles, eux, méritaient de réussir… certainement pas les Rolling Stones", pensent-ils.

L'influence des Beatles sur le comportement des Rolling Stones…

Il existe une complicité, une intelligence entre l'ange et le démon qui s'y entendent merveilleusement bien à partager le gâteau de la pop music. C'est pourquoi, après le semi-échec de leur premier 45 tours Come On, les Rolling Stones se voient offrir par les Beatles, I Wanna Be Your Man. Cette fois c'est parti. C'est par les Stones que les Beatles, par procuration, répandent tout le fiel que les Quatre de Liverpool avaient accumulé à Hambourg et ailleurs.

Les Stones au hit-parade avec une chanson signée par deux Beatles

Les réactions ne se font pas attendre. Moult mises en garde de la part des parents ! "Laisseriez-vous votre fille sortir avec un Rolling Stone ?", titrent les journaux. Les disques des Stones deviennent un objet de contestation. Les jeunes Anglais ne vont pas voter mais ils achètent "du Stones".

Deux tandems, quatre leaders

Inconsciemment, les Stones vont calquer leur démarche sur celle de leurs grands frères. Au sein de chaque groupe, deux personnalités vont se détacher : Lennon et McCartney d'un côté, qui se complètent. Jagger et Brian Jones de l'autre, qui, eux, se déchirent, s'opposent et se heurtent, se disputent la vedette au sein du groupe, se piquent leurs petites amies respectives (existe-t-il plus belle forme d'humiliation ?). John et Paul arriveront à se supporter, tant bien que mal, jusqu'à 1969 (année de la mort de Brian Jones. Quelle coïncidence !). Chez les Stones, il n'y a pas de partage possible. L'exubérant Brian sera progressivement évincé au profit du discret Keith Richards qui consolide, dans l'ombre, sa place de co-leader. Officiellement, Brian quitte le groupe en juin 1969, quelques jours seulement avant son décès. En réalité son comportement incontrôlable avait fait de lui un Stone intérimaire depuis 1967 ; chez les Beatles, on ne parlait pas encore de séparation. N'empêche qu'en 1966 le groupe avait décidé de ne plus se produire en public. Comment les deux formations allaient-elles résister à de tels bouleversements ?

Sélection des Autres Articles