Marianne Mille enregistre seule ses premiers disques. C'est l'époque des " super 45 tours ". Elle en publie six entre 1963 et 1965 soit au total 24 chansons (il serait peut-être temps de les rééditer en CD mais il semble difficile de retrouver les bandes originales). Le premier disque, sur label Panorama, est hélas sans intérêt, sinon historique : la firme publie à prix cassé les versions, par des inconnus, des tubes du moment. Marianne reprend ainsi les principaux succès du moment de Sylvie Vartan et Claude François, à savoir " I'm watching you " et " Pauvre petite fille riche ". Ce n'est pas ça qui lui apportera la renommée !
En mars 1964 sort une petite bombe pour les amateurs éclairés, mais malgré d'abondantes diffusions à la radio, le disque n'entre pas au hit-parade, la lutte était trop rude : malgré la qualité de " Oublie de pleurer ", adaptation d'un succès américain (" Every day I have to cry "), la version de Marianne est éclipsée par celle de Claude François, qui porte un titre différent (" Chaque jour c'est la même chose "). Sur le même super 45 tours, elle propose " Il pleuvra demain ", sa version de " Didn't it rain ", un gospel. Hélas, deux fois hélas, on écoute à la place la version originale par l'américaine Evelyn Freeman.
Ses disques suivants (1964 et 1965) ne recueillent que peu de succès. Or sa rencontre avec Maurice Dulac, un chanteur talentueux mais lui aussi inconnu, sera déterminante. Maurice est fort talentueux ; sa chanson " La veuve Sylvie ", avait, comme les chansons de Marianne, suscité des passages radio sans occasionner de ventes massives du disque. De leur union jaillit l'étincelle.
Au contraire d'un Nougaro qui lorgne vers le Brésil, la samba et la bossa nova, le couple Mille-Dulac, comme précédemment Valérie Lagrange et Marie Laforêt, va puiser son inspiration dans la musique des Andes. Bingo ! Les radios, qui n'ont pas oublié Los Machucambos (" La Bamba ") et qui se sont enflammées pour Los Incas (" El Condor pasa ") en 1970, diffusent à foison " Dis à ton fils " et " Libertad ! ". Presque du jour au lendemain, Marianne se retrouve dans les meilleures places du hit-parade.
En tournée en France et à l'étrange, Marianne et Maurice restent ensemble jusqu'en 1978. Mais rien n'est éternel ! Désormais séparé de Dulac, Marianne occupe la scène dans un spectacle triomphal, l'adaptation des " Misérables " de Victor Hugo par Robert Hossein. Elle est Eponine. A ses côtés, Yvan Dautin, Richard DeWitte (ex-Il Etait Une Fois), Rose Laurens, Guesch Patti. Après cette grande aventure, Marianne se produit dans des salles à plus modeste dimension. Et puis, en 1983, elle ouvre ses premiers ateliers de chant, qu'elle continue d'animer encore aujourd'hui.
Durant plusieurs années, Marianne assure la programmation au " Nouveau Café " et donne son dernier concert en 1998 dans le prestigieux " Théâtre de Dix heures " à Pigalle. Ses fans, qui attendent la réédition de son uvre, peuvent la retrouver sur un site extrêmement bien fait et complet, de chanteurs-des-annees60.com