Encore un qui a baigné dans la musique dès sa plus tendre enfance ! Maxime est né à Paris en 1949. A sept ans, il apprend le solfège. Bien avant son premier disque, on peut l'applaudir dans les cabarets rive gauche, en duo avec sa sur Catherine avec qui il enregistre, sous le pseudonyme de Cat et Maxime, une poignée de 45 tours aujourd'hui fort recherchés.
Maxime interprète en français les chansons de Bob Dylan et de Peter, Paul and Mary. Il rencontre, et se lie d'amitié, avec "les deux Georges", Moustaki et Brassens. De l'uvre de ce dernier, il publiera un fort bel album en public. Puis Maxime commence à écrire ses propres chansons, et peut s'enorgueillir d'avoir signé, alors qu'il était encore méconnu, un titre pour Serge Reggiani, "Ballade pour un traître".
Il enregistre encore deux 45 tours qui passent totalement inaperçus... puis c'est l'explosion : les post soixante-huitards découvrent avec ravissement son premier album 33 tours. Cette année (1972), pas un baba cool qui ne connaisse par cur les paroles de "Parachutiste"
Le 10 septembre 1975, Maxime Le Forestier reçoit une baffe en direct : un excité pro-militariste avait pu rentrer en douce dans le studio d'Europe 1, bien décidé à lui faire payer les paroles de "Parachutiste". Heureusement toutes ses chansons ne déclenchent pas la polémique : toute la France fredonne "San Francisco" et sa célèbre "maison bleue accrochée à la colline". Clin d'il à l'hymne des hippies de 1967 ("San Francisco" de Scott McKenzie). Un premier 33 tours carte de visite, qui, hélas, prend des allures d'étiquette dont il a du mal à se débarrasser.
On attend de lui encore et toujours des chansons de "troubadour contestataire"... quand on ne le taxe pas de démagogie. Alors, pour rester libre de ses choix musicaux tout en devenant propriétaire de son outil de travail, il fonde en 1974 sa propre maison d'édition qu'il nomme Misère, comme son chien. Relax et indépendant, refusant d'être prisonnier du show business, il ne sort de nouveau disque que tous les deux ou trois ans. Du coup, les ventes en prennent un coup.
Un nombre cependant suffisant pour lui permettre de mener sa carrière comme il l'entend, avec un petit tube à la clé de temps à autre, le reste de l'année sur la route, en concert. Il n'est pas près d'oublier les quatorze prestations réalisées en Russie en 1976, avec un tour de chant / tour de force entièrement en français. En 1978, il surprend tout le monde en ajoutant des guitares électriques à son orchestre et surtout en... rasant sa barbe légendaire. Moins de disques, plus de scène ; sa sur Catherine se joint à lui, assurant ses premières parties sous le pseudonyme d'Aziza. Loin d'être victime d'une traversée du désert, le grand public attend patiemment que Maxime veuille bien peaufiner un véritable grand succès populaire. Ce sera chose faite en 1995...
Une chanson qui rassemble les races et et les générations, l'adaptation d'une chanson venue de l'île Maurice, "Ambalaba". C'est l'époque des clips et le sien est plutôt réussi ; les jeunes téléspectateurs de M6 découvrent le quinquagénaire avec ravissement. Finalement, il refait le plein d'admirateurs ados... comme en 1972 !
En 1996, "Passer ma route" lui permet de décrocher le prix du Meilleur album décerné aux Victoires de la Musique. En parallèle, il travaille énormément avec Julien Clerc dont les mélodies lui inspirent de fort beaux textes ("Double enfance").
es fans se plaignent de la raréfaction de ses productions : huit ans d'écart entre "L'Echo des étoiles" (2000) et le plus récent, "Restons amants". Il remplit le vide, heureusement, en publiant deux CD consacrés aux chansons de Brassens. Mais devrons-nous attendre le prochain "vrai" album jusqu'en 2016 ?