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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


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Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

1965-1980 : Dylan le contestataire est contesté

Lorsqu'il s'avisa d'électrifier sa guitare, ses fans le conspuèrent

Il n'avait cessé d'agresser les médias. Arrogant car peut-être trop défoncé, Bob Dylan ne s'attendait certes pas à être à son tour agressé... surtout par son public.

L'album Another Side de 1964 représente une sorte de pallier dans sa carrière car on n'y trouve pas vraiment de titre très représentatif. La qualité, bien sûr, est présente dans chaque texte, mais sans qu'aucun se détache réellement du reste de l'album. Album charnière qui débouche sur un changement de style assez ahurissant pour son public.

Dylan goes electric…

Pendant deux ans, il se trouvera toujours des gens pour le traiter de "Judas" ou de "traître" pendant ses concerts. A tel point qu'au cours d'un festival, il quitta la scène en pleurs avec sa guitare électrique, pour revenir plus tard avec une guitare acoustique. Il cède, il s'écrase devant la vox populi. Epoque controversée pour Dylan dont les admirateurs voient d'un mauvais œil le fait qu'il abandonne le folk au profit du rock, plus commercial. La prostitution du contestataire ! Et ce ne sont pas les prochains albums qui les feront changer d'avis. C'est en effet un album électrique qui succède à Another Side.

Les textes, surréalistes, sont plus hermétiques que ceux des albums précédents

Bringing It All Back Home, sorti aussi sous le titre Subterranean Homesick Blues, est un assemblage de onze petits chefs-d'œuvre.Grandes successions de phrases à l'apparence souvent incohérente et sur lesquelles il faut parfois se pencher longuement avant d'en comprendre le sens. Les allusions y fourmillent ; certains textes ne sont accessibles qu'aux fans cultivés. Les références au judaïsme rappellent que l'auteur se nomme Zimmerman, lui qui, au début de sa carrière, avait renié ses origines, au point de choisir un pseudonyme, en hommage au poète Dylan Thomas. Outre ces assemblages de paroles un peu bizarres qui annoncent, d'ailleurs, les grands délires de la chanson Desolation Row et de l'ouvrage Tarantula, outre de fort belles chansons d'amour (She Belongs To Me, Love Minus Zero, No Limit et surtout It's All Over, Now, Baby Blue), Dylan propose, avec It's Alright Ma' (I'm Only Bleeding, ho ho ho) un texte aussi fort que les plus grands moments de Freewhelin'.

Highway 61 Revisited et Blonde On Blonde s'inscrivent tous deux dans le même esprit

Pour beaucoup, ces albums constituent à jamais le chef-d'œuvre de Dylan. Y sont gravés les immortels Like A Rolling Stone (souvent considéré comme meilleur 45 tours du 20e siècle), I Want You et Just Like A Woman. Et puis, c'est la catastrophe : Dylan, arrivé au point culminant de sa carrière, est victime d'un très grave accident de moto qui l'obligera à l'inactivité totale pendant très longtemps. Des bruits circulent sur sa mort ; d'autres, au contraire, démentent l'information : il est en cure de désintoxication.

Ces mois de repos forcé vont totalement changer la personnalité de Bob

Le chanteur électrique et torturé qui arrivait au point de non-retour, usé par la fatigue, l'alcool et la drogue, va enfin trouver un équilibre. Cette transformation est radicale et se sent très nettement dans la musique et les textes du poète. Une certaine propension à l'auto-indulgence le conduira hélas à commercialiser des chansons qui auraient mérité de ne circuler que sur des disques pirates

Enfin remis, il compose des chansons qui reflètent le calme et la sérénité

Malgré les parutions désordonnées de C.B.S., l'album Basement Tapes se situe chronologiquement avant John Wesley Harding. Dylan semble enfin avoir atteint le bonheur et la quiétude. L'intérêt de ses disques s'en ressent ; il suffit de jeter un coup d'œil aux textes de Nashville Skyline et surtout de Self Portrait (où Dylan reprend des titres existant déjà) pour s'en convaincre. Le concert à l'île de Wight en 1969 ne viendra pas effacer cette pénible impression. On a souvent parlé de la mort de Paul McCartney qui aurait été remplacé par un sosie ; pourtant, la substitution du vrai Dylan, mort dans un accident de moto, par un pâle imitateur n'a encore jamais été soupçonnée.

Les années 70, heureusement, soufflent le chaud et dissipent les nuages de la déception

Il s'investit dans deux tournées mammouth en 1974 et 1975. La revue du Tonnerre Roulant et Grondant (The Rolling Thunder Revue). Puis retourne en studio pour enregistrer des albums vivifiants : Blood On The Tracks et Desire, portant l'époustouflant Hurricane. Dylan se marie, se convertit au christianisme. Un peu trop pesamment : ses albums inspirés par la religion, loin de déclencher des passions -ils parviennent difficilement à pénétrer dans le Top 100- suintent l'ennui. Le cinéma, croit-il, lui ayant réussi grâce à sa participation au film Pat Garrett And Billy The Kid, il se met en tête de réaliser une saga, Renaldo And Clara, dont il est obligé de jeter deux tiers aux orties. La version raccourcie dure quand même cinq heures, et on s'y ennuie ferme... lorsqu'on a le courage de rester jusqu'à la fin. Un gouffre financier qui l'oblige, en 1978, à retourner au charbon. Le voici donnant des concerts dans le monde entier (la France n'est pas oubliée), à la grande satisfaction de ses admirateurs européens qui ne l'ont pas vu, qui depuis 1966, qui depuis 1969.

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