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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


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Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

Alain Bashung, artiste culte car décalé

Aucun autre chanteur français n'a attendu la gloire si longtemps...

En 1980, Bashung subit la pression d'un tube, "Gaby...", dont il se vendra deux millions d'exemplaires. Mais le "jeune" artiste venait de traverser seize années pénibles.

Alain Claude Baschung est né à Paris en 1947. A noter que c'est pratiquement le seul chanteur, à l'époque, qui n'utilise pas son prénom sur ses pochettes de disques. C'est Baschung tout court. Sur ces trois premiers disques, il utilise encore la véritable orthographe de son nom, c'est-à-dire B A S C H U N G. Ce n'est qu'à partir du 4e disque, c'est-à-dire en 1969, qu'il enlève le "C" qui faisait un peu allemand (et qui rappelait ses origines alsaciennes) pour utiliser uniquement le "SH" qui fait plus "anglais".

La carrière de Baschung est un peu une espèce d'iceberg musical.

Tout le monde connaît la partie émergée de sa carrière, c'est-à-dire tout ce qu'il a enregistré après son premier tube, "Gaby, oh Gaby", mais personne ne sait vraiment tout ce qu'il a enregistré avant, une longue série de 45 tours n'ayant pas marché du tout. Bashung est un véritable miraculé : "Gaby" représentait sa dernière chance. Si cette ultime tentative n'avait pas marché, sa maison de disque, qui perdait de l'argent avec chacune de ses nouvelles publications, aurait résilié son contrat. On peut donc dire que sans GABY il n'y aurait pas eu de BASHUNG !

Un boulier aux orties

A l'instar d'un Johnny Hallyday ou d'un John Lennon, Alain Baschung n'a pas connu son père. Mais tandis que John et Johnny purent, au moins, s'en faire un deuil (leurs géniteurs ayant attendu qu'ils soient célèbres pour se rappeler à leurs bons souvenirs), Alain, lui, restera à tout jamais dans le flou, mais prendra le choc de plein fouet au moment où il s'y attendait le moins. Longtemps persuadé d'avoir un papa dans le pétrin, la farine et la boulange, on lui assène la triste vérité : il est vraiment de père inconnu... - Pendant longtemps, je me croyais 100% alsacien. Et puis, adolescent, un oncle m'a appris qu'en fait j'étais un petit bâtard. (...) Mon père est l'une de mes zones d'ombre. On m'a dit qu'il était kabyle, je n'en sais pas plus. Il va devoir faire avec, vivre avec... enfin, plutôt "sans". De toute façon, il est déjà un petit peu apatride, déraciné. Il est né à Paris, mais on l'envoie immédiatement en Alsace, presque en Allemagne.

L'erreur à ne pas commettre !

Prétendument destiné à la carrière de comptable (ou, en tout cas, d'un métier fort respectable), Alain se voit offrir une guitare le jour de ses quinze ans. En perdant un gratte-papier, la France gagnait un gratteur de partitions. Nous sommes fin 1962 (Alain est né le 1er décembre 1947), et il ne va pas lui falloir longtemps pour s'intégrer à son premier groupe de rock. Le rock, ce fut une révélation pour lui qui, vivant en Alsace, était jusque là abreuvé par toutes sortes d'autres rythmes diffusés par les stations de radio d'outre-Rhin : musique classique, accordéon, variétés, chanson française. La même année, il assiste à deux concerts. Deux seulement, mais pas n'importe lesquels : ceux de Edith Piaf et de Gene Vincent. Choix hétéroclite ? Allons donc ! Lorsque Edith Piaf entonne "L'Homme à la moto", les paroles évoquent Marlon Brando dans "L'Equipée sauvage" ; tout de cuir noir harnaché, Marlon est le modèle dont Gene Vincent s'est inspiré. Ces deux personnalités, Piaf et Vincent, semblent avoir modelé Bashung tout autant l'une que l'autre. D'ailleurs, sa "marraine", chez Philips, n'est pas franchement rock'n'roll 100%, puisqu'il s'agit de Juliette Gréco. Entre rock'n'roll et chanson française, quelle voie choisirait-il ?

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