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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


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Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

La révolution programmée de la bande FM

A la fin des années 70, les radios libres sont sur le pied de guerre

Le matériel proposé au public prête à croire qu'un bouleversement est imminent ; les professionnels ne parlent plus que du danger ou de l'espoir suscité par les pirates.

Lorsqu'on prend le temps de relire les interviews réalisées à l'époque, on ne peut s'empêcher de constater à quel point les professionnels de ce média semblaient persuadés de la disparition du monopole, décision qui peut être prise indifféremment par la droite, si elle le veut, ou par la gauche. Et dans les magasins d'électroménager, on vend de plus en plus de récepteurs munis de la bande FM.

Avant de s'acharner sur les pirates, Giscard leur avait laissé entrevoir des lendemains qui chantent

En 1977, la droite semble partir vaincue aux prochaines législatives, si l'on en croit les sondages. Ce serait donc une planche de salut que de récupérer de nombreux électeurs, surtout parmi les jeunes, en abolissant le monopole, illicite en vertu de l'article 12 de la convention européenne des Droits de l'Homme : - Tout individu a le droit de s'exprimer librement par tous les moyens techniques appropriés sans que l'Etat puisse venir restreindre cette liberté. En septembre, Jean-Pierre Soisson évoque une possible concertation entre les pirates, les périphériques et Radio France.

Malgré les déclarations de son ministre, Giscard dit "non" aux radios libres

Il somme le gouvernement de prendre le plus rapidement possible les dispositions législatives qui s'imposent pour faire taire les mutins. Autant en profiter tant qu'ils sont encore fragilisés par leur division : alors qu'elles n'ont pas d'existence légale et n'ont aucune certitude d'en avoir un jour, les radios libres (c'est ainsi qu'elles s'autoproclament, plutôt que "pirates") se sont fédérées en syndicats et associations qui ont bien du mal à trouver un terrain d'entente

La question de la publicité comme moyen d'existence les divise cruellement

Pour la Fédération des Radios Libres, il ne saurait être question d'en faire usage, la radio restant avant tout un outil militant anticapitaliste. L'A.L.O. (Association pour la Libération des Ondes) ne prend pas encore position, considérant que la question n'est pas immédiatement à l'ordre du jour. L'existence des radios libres concernant plusieurs nations (particulièrement l'Italie, dont le paysage audiovisuel est en pleine mutation), des réunions se tiennent à l'échelon international. L'U.E.R.L. (Union Européenne des Radios Libres) dont le siège est à Bruxelles, a pour mission de coordonner les actions de toutes les stations d'Europe. A Lyon, enfin, naît la F.N.R.L.N.C. (Fédération Nationale des Radios Libres Non Commerciales) dont les moyens d'expression s'opposent au souhait du confort d'écoute (émetteurs puissants, studios et émissions sophistiqués) que revendiquent de nombreuses stations. Au contraire, la F.N.R.L.N.C. prône la suprématie du "moyen pauvre", c'est-à-dire l'utilisation d'un matériel léger, mobile, partout présent sur le terrain.

Comme tout bon contrat qui se respecte, il ne faut pas négliger la lecture des"petites lignes"

La proposition relative à l'abandon du monopole joue sur les termes. Georges Fillioud, lorsqu'il sera en charge du dossier, prendra bien soin de dissocier "monopole de programmation" et "monopole de diffusion". Fini le gouvernement qui empêche tout autre que lui de s'exprimer ; mais, les socialistes restant, par tradition, attachés au pouvoir de l'Etat, ils insistent sur le fait que la diffusion continuera d'être assurée par TDF. Un moyen efficace pour contrôler tout dérapage, et qui correspond au fameux "câble des PTT" que l'Etat, dans les années soixante, menaçait de couper lorsque les radios périphériques (RTL et Europe 1) faisaient la sourde oreille à ses injonctions.

Pour la plupart des professionnels, les radios libres, dès 1979, sont un fait acquis

Les radios libres seront des radios de chapelle, des radios commerciales ou des radios municipales. Au début, il y aura une pléthore de radios libres. Ensuite il y aura forcément une décantation. Car pour être écoutée, une radio doit fonctionner toute la journée. L'auditeur ne cherche pas une station sur le poste ; il appuie sur le bouton, et si ce qu'il entend lui plaît, il ne change pas. S'il n'y a rien, il change de station et y reste. Or les chapelles, à part les grands partis politiques, n'ont pas les moyens financiers de faire une radio toute la journée. Alors elles tomberont ; seules resteront les radios commerciales qui sont d'ailleurs prêtes à être installées par des radios existant déjà (Pierre Codou, co-directeur de FIP interviewé par Télérama fin 1979). Sans parler véritablement de visionnaire ni encore moins évoquer l'esprit de Nostradamus, reconnaissons que Codou avait vu juste !

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