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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


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Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

Tomorrow never knows : un titre torturé

Bien que mineur dans l’oeœuvre des Beatles, il les a fait souffrir !

En 1966, après avoir décidé qu'ils ne se produiront plus en public, les 4 de Liverpool peuvent enfin enregistrer en studio des chansons complexes à l'extrême

Il ne s'agit pas, bien sûr, de la chanson la plus célèbre des Beatles... mais c'est indiscutablement l'une de celles que l'on a devoir de citer lorsqu'on aborde le côté "avant-garde" des quatre jeunes britanniques. Nos petits génies n'avaient pas mis les pieds dans un studio d'enregistrement depuis quatre mois lorsque, le 6 avril 1966, ils reprennent le chemin d'Abbey Road pour "mettre en boîte" leur prochain album 33 tours, "Revolver".

Le premier titre auquel ils s'attellent n'est pas, et de loin, le plus facile !

Curieusement, la capture du titre fut assez aisée, puisqu'il ne faudra aux Beatles que trois prises pour se sentir satisfaits de leur performance. Trois prises seulement pour un titre aussi sophistiqué... Autant dire que les trafics sonores ("overdubs", surimpressions, etc.) destinés à transformer et achever le morceau, ont tout autant d'importance que la charpente elle-même.

Le titre "Tomorrow never knows" est une trouvaille de Ringo.

Une de plus, pour ce batteur, maître à penser, capable de trouver des formules telles que "It's been a hard day's night" ("ce fut la nuit d'une rude journée"). Une bonne trouvaille, car à l'origine le titre était tristement "Mark I" ! Le texte de John Lennon, directement inspiré du "Livre des Morts" tibétain adapté par Timothy Leary, est, pour le moins, hallucinant (ou plus exactement halluciné !). Quant à sa voix, elle est trafiquée de façon à sembler sortir d'une quelconque radio à transistor "bas de gamme".

A l'époque, le studio d'enregistrement est devenu pour les Beatles un véritable laboratoire

Les ingénieurs du son sont à l'écoute du moindre désir ou délire sonore souhaité par l'un des quatre artistes ; c'est à cette époque que leur ingénieur du son Ken Townsend met au point un système d'enregistrement révolutionnaire, l'ADT (Artificial Double Tracking). Les Beatles raffolaient de pouvoir doubler leurs voix... mais (et on les comprend) le procédé était jusqu'alors relativement laborieux, puisqu'il leur fallait tout chanter deux fois. Townsend trouva le moyen d'enregistrer systématiquement chaque voix directement en double, en l'enregistrant sur deux pistes au lieu d'une seule (lorsque l'on désirait une voix "simple", les deux pistes passaient simultanément, confondues... Au contraire, si l'on désirait une voix doublée, il suffisait de déphaser les deux pistes d'une infime fraction de seconde).

Pour "Tomorrow never knows", Lennon souhaitait quelque chose d'encore plus ambitieux que le "double tracking".

"Je veux obtenir le son comme si j'étais le Dalaï Lama chantant du haut de la plus haute montagne", décréta-t-il (on rapporte qu'il souhaitait même être accompagné par un chœur de 4000 prêtres boudhistes). Pour obtenir un effet de voix qui s'éloigne et qui revient (comme le bruit de la mer sous l'effet de la marée), il demanda à être attaché puis soulevé par une poulie accrochée au plafond du studio, pour ensuite être poussé afin de se comporter comme un balancier, à un ou deux mètres au-dessus du micro (l'idée resta au stade de simple projet).

Une orgie de sons

Si, en 1967, de nombreux groupes vont produire des pièces musicales aussi folles les unes que les autres (notamment Pink Floyd et tous les groupes psychédéliques), un an plus tôt seuls les Beatles avaient osé et l'on peut raisonnablement penser que "Tomorrow Never Knows" est le premier titre vraiment "fou" de la pop music britannique. Prudents, les Beatles l'avaient placé en tout dernier de la seconde face ! Leurs fans auraient eu morceaux pour se chauffer, se mettre en condition, s'apprêter à recevoir une énorme surprise sonore.

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