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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


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Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

Henri Salvador victime du justicier masqué

"Zorro est arrivé" a profondément marqué la carrière du fantaisiste

fin fond des Etats-Unis, les Coasters, groupe de rockers noirs, n'auraient jamais imaginé en 1958 qu'ils allaient aider Disney à s'implanter en France !

Avec "Zorro est arrivé", Henri Salvador décrochait l'un des plus gros succès de l'année 1964. Un succès imprévisible qui allait orienter sa carrière professionnelle pour quasiment les vingt années à venir.

Un succès imprévisible...

Pour sa première édition en 45 tours, le titre n'est pas mis en valeur ; les quatre chansons qui composent le disque sont présentées en caractères typographiques de même taille, ce qui indique qu'à sa sortie, Salvador ignorait laquelle se détacherait du lot. C'est d'autant plus frappant que "Zorro", sur la pochette, est inscrit en quatrième position ! Une émission de radio va bouleverser son agencement.

A l'époque, Salvador travaille sur Europe N°1

Il est donc logique de le voir "débouler" un soir en direct, le disque en main, dans l'émission de son ami Hubert Wayaffe, célèbre animateur de l'émission Dans le vent. "Zorro", quoiqu'il arrive, aurait certainement connu le succès, mais il le doit en partie à cette soirée hors normes : fait exceptionnel dans les annales d'une station française, Hubert diffuse le titre plusieurs fois d'affilée, jusqu'à plus soif, selon le bon vouloir de ses auditeurs invités à téléphoner pour en redemander une nouvelle diffusion. C'est, avant l'heure, le principe du Stop ou encore qui fait, encore aujourd'hui, le succès de RTL.

"Zorro est arrivé" est l'adaptation d'un titre des années 50

titre original, "Along came Jones" des Coasters, n'a aucun rapport avec le Justicier masqué. Salvador a "surfé sur la vague", comme on ne le dit pas encore : la diffusion du célèbre feuilleton américain sur la télévision française a rajouté encore plus d'impact au titre délirant.

Cette chanson aura une conséquence étonnante sur la carrière de Salvador

L'année précédente, Salvador avait adapté un succès italien, "Peppino", le transformant en "Minnie petite souris". Un succès énorme qui devait sans doute un peu à celui du Journal de Mickey, seul hebdomadaire français de bande dessinée américaine qui avait résisté à la censure protectionniste.

Jusqu'alors, Salvador était un spécialiste de la chanson comique

Il avait lacé son label quelques mois auparavant et l'avait baptisé "Disques Rigolo". Or, à partir de "Minnie" et surtout de "Zorro", il décide de se tourner de manière beaucoup plus insistante vers la chanson pour enfants. C'est, bien sûr, un choix délibéré de l'artiste... mais un choix qui lui a été plus ou moins imposé par la société Walt Disney.

Les Américains signalent à Henri que Zorro est une marque déposée

Il aurait dû prendre ses précautions ! "Minnie" était passée sans encombre mais pas "Zorro", au succès véritablement colossal : le célèbre personnage masqué avait été déposé par la société Disney. Plutôt que d'intenter un procès pour récupérer une part du gâteau (procès qui aurait été désastreux pour l'image de Disney auprès du public français), la puissante firme américaine conclut un accord à l'amiable avec Salvador qui s'engage dès lors à enregistrer un certain nombre de chansons ayant pour héros des personnages de dessins animés ou de films produits par les studios Disney. Viendront dès lors les "Aristochats", "Blanche -Neige et les 7 nains", "Robin des Bois", etc. et ainsi jusqu'à 1984. Et, preuve qu'il ne manque par de répartie, en 1981, Henri publie le 45 tours équivoque "La Grande Zorro" !

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