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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


Régulièrement un nouvel Article.


Déjà environ 300 Articles proposés sur quelques anecdoctes, révélations ou secrets des Stars de la musique ou sujet divers...


Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

En 1966, Brigitte Bardot enregistre à Londres

"Le Soleil", succès de l'été, avait chamboulé la vie des Londoniens


Le moindre de ses déplacements était commenté. B.B., adulée et mondialement connue, était en permanence obligée de voyager incognito.


En 1966, l'Anglais Charles Blackwell est l'un des producteurs les plus cotés du moment ; même les Français se l'arrachent. C'est lui qui a permis à Françoise Hardy d'investir le hit-parade anglais, et c'est un exploit quand on sait à quel point, à l'époque, les Anglo-Saxons sont protectionnistes en matière de droit d'auteur. De fil en aiguille, Blackwell s'est retrouvé à produire "La Poupée qui fait non" de Michel Polnareff (un n°1 au hit-parade). Notoriété oblige, il se voit solliciter par Jean-Max Rivière et Gérard Bourgeois afin de produire le prochain 45 tours de B.B. qui doit contenir quatre chansons en français, dont "Le Soleil" qui, à n'en point douter, sera un hit.


Brigitte insiste pour que l'information ne soit pas dévoilée


Son séjour dans la capitale britannique doit être tenu secret. Malheureusement, pour des contraintes de planning (tournage de film, sans doute), Brigitte ne sera disponible qu'un dimanche. Or, tout le monde sait qu'à Londres, Sunday is closed ! En théorie, il sera impossible de faire travailler le moindre musicien, le moindre preneur de son durant ce jour sacré. Et on les sait pointilleux sur le règlement, les Britanniques.


Que faire ?


Au risque d'avoir des ennuis avec le tout puissant syndicat des Musiciens anglais, Blackwell doit téléphoner à tous les techniciens, choristes et instrumentistes nécessaires et indispensables... qui, les uns après les autres, refusent... jusqu'à ce que Blackwell leur chuchote dans le creux de l'écouteur le nom magique de "Brigitte Bardot".


Pour elle, tous acceptent de déroger à cette espèce de loi non écrite qui régit toute l'Angleterre.


Touchée, Brigitte enregistrera "Mister Sun", la version en anglais de cette chanson, "Le Soleil" ; ce 45 tours en question, complet avec sa pochette illustrée, est aujourd'hui une pièce de collection hautement recherchée qui se négocie aux alentours de £ 200 (approximativement 300 €).


Pourquoi un modeste 45 tours vaut-il si cher ?


La réponse est simple : parce qu'il est rare ! Et pourquoi est-il rare ? Parce qu'il n'a pas marché ! Nous le rappelions précédemment : les Anglais et les Américains des U.S.A. autorisent fort rarement des artistes étrangers à pénétrer dans leurs hit-parades. Bien qu'ayant fait l'effort de s'exprimer dans leur langue, B.B., malgré sa notoriété, n'avait pas su séduire ses amis d'outre-Manche. Question d'époque et aussi du choix des compositeurs : trois ans plus tard, Gainsbourg, qui, lui, avait totalement assimilé l'esprit de la culture musicale britannique, se retrouvera n°1 en Angleterre avec "Je t'aime... moi non plus" sans même s'appliquer à chanter dans la langue de Shakespeare et des Beatles. Peut-être simplement Brigitte aurait-elle dû faire appel à lui pour signer un tube international digne de ce nom ?


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