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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


Régulièrement un nouvel Article.


Déjà environ 300 Articles proposés sur quelques anecdoctes, révélations ou secrets des Stars de la musique ou sujet divers...


Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

"La Paimpolaise", un succès éternel

On a oublié Félix Mayol mais pas sa chanson


Comment un Méridional a-t-il pu, en 1895, immortaliser la Bretagne ? En rencontrant à Paris un authentique Breton !


La Bretagne - ainsi que toutes les autres régions de France, d'ailleurs ! - a souvent été chantée. "Le Pirate de Saint-Malo", par Suzy Solidor, est certes peu connu ; en revanche tout le monde a dans l'oreille "Les Parapluies de Cherbourg" ou certaines mélodies d'Alan Stivell ou de Jean-Michel Caradec. A l'instar de "La Marseillaise" créée par le Jurassien Rouget de l'Isle, la plus célèbre chanson se rapportant à la Bretagne n'a pas été créée par un Breton, mais par le Toulonnais Félix Mayol.


Mayol est né à Toulon, en 1872


Petit prodige à la voix d'or, Félix fait ses débuts sur les planches à treize ans, encouragé par ses parents. Malheureusement, Félix devient orphelin, et confié à la garde d'un oncle qui n'aime pas les saltimbanques. Sa carrière est-elle brisée dans l'œuf ?


Sous le pseudonyme de Petit Ludovic, Félix participe à un spectacle de magiciens


Après l'avoir placé sous hypnose, l'illusionniste fait chanter les airs à la mode au "Petit Ludovic" devant un public ébahi. Un succès inattendu mais apparemment sans suite : durant cinq ans il se produira sur toutes les scènes de province, hélas sans grand succès.


Mayol arrive à Paris en 1895


La boutonnière ornée d'un brin de muguet (nous sommes le 1er mai) Félix rencontre Théodore Botrel, authentique Breton de Dinan. Une rencontre qui s'avère être leur planche de salut : séparément, aucun des deux n'aurait sans doute jamais percé.


Botrel est exigeant


Il avait signé des œuvres mineures oubliées depuis longtemps : "Mes deux sœurs jumelles" et "Il est frisé mon p'tit frère". Loin d'être une vedette, il vivote, se produisant chaque soir sur scène... en costume breton, comme il se doit. Et comme les Bretons sont nombreux à Paris, notamment dans le quartier de Montparnasse, son destin semblait écrit. Il fait écouter "La Paimpolaise" à Mayol. Celui-ci se montre désireux de l'inscrire à son répertoire. Sur le principe, Botrel est d'accord... à condition qu'il ne massacre pas son œuvre, qu'il la répète jusqu'à atteindre la perfection


Les deux hommes se retrouvent tous les jours durant plusieurs semaines


Un troisième compère, Paul Marinier, se joint à eux... Marinier que l'on pourrait qualifier de "directeur artistique" avant l'heure.


Botrel revoit sa copie


Un peu avant l'enregistrement, Botrel détecte une petite imperfection, et modifie son texte à la dernière minute. Il avait en effet écrit la peau de la Paimpolaise... qui pouvait prêter à confusion avec peau de lapin ; à la va-vite, il remplace ces mots qui deviennent la coiffe de la Paimpolaise.


A propos de coiffe...


Mayol, décemment, ne pourrait pas porter l'habit breton, son accent méridional est trop marqué. En revanche, il doit se forger une identité. Il soigne sa coiffe, portant un serre-tête. Et lorsqu'il l'enlève, on découvre ce qui restera son image de marque (comme Tintin) : une houppe. Tout comme Antoine soixante-dix ans plus tard avec celle des cheveux longs, Mayol lance une mode. Les autres chanteurs le copient, et les coiffeurs se voient réclamer le toupet par des messieurs très chic !


Le succès est fulgurant !


Conscient qu'il le doit à sa rencontre avec Botrel un 1er mai, Mayol, que l'on surnommera l'Homme au brin de muguet, en porte un, désormais, en permanence à la boutonnière.


Mayol première superstar française du vingtième siècle


Il se voit proposer les meilleures chansons du moment, parfois dans la même veine, comme cette chanson intitulée "La petite Bretonne" ; d'autres fort différentes ("A la cabane bambou"). Et il aura même un succès encore plus énorme que "La Paimpolaise"... C'est "Viens Poupoule". Il est mort en 1941.


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