Elle est née à Paris en 1949. Dès son enfance, Véronique s'est trouvée plongée dans le monde de la musique. Son père, musicien amateur, l'initie au piano, tant et si bien que, sans connaître une seule note de musique, sans jamais avoir suivi de cours, elle est rapidement capable de jouer des petits airs et même d'en composer. Elle poursuit donc ses études, la musique n'étant alors pour elle qu'un agréable passe-temps. C'est alors qu'elle retrouve un camarade d'enfance...
Michel et Véronique, à la récréation, jouaient ensemble lorsqu'elle n'avait que six ou sept ans. Plus âgé qu'elle, Berger, sans conteste, était un prodige dont les premiers disques, enregistrés lorsqu'il avait à peine seize ans, passaient parfois sur "Salut les Copains" et, par leur qualité, se détachaient déjà de la production habituelle. Star à seize ans, inconnu à 18 !
Michel compose toujours, mais il est surtout producteur et arrangeur. La rencontre Berger-Sanson apporte beaucoup à chacun. Lorsque Michel rentre chez Pathé-Marconi en 1968, Véronique le suit, enregistre (avec sa sur Violaine et Michel Bernholc) deux super 45 tours au sein d'un trio nommé Les Roche-Martin. Pourquoi ce curieux nom ?
En feuilletant l'annuaire du téléphone, Véronique s'était aperçue qu'il y avait énormément de "Roche", et bien plus encore de "Martin". Elle considère, à tort, que chacun d'eux serait un acheteur potentiel du disque : en réalité, le premier disque des Roche-Martin se vendra à moins d'une centaine d'exemplaires.
Cette fois sous son nom, elle publie " Le Printemps est là", adaptation d'un chanson de l'Anglais Donovan ("Sunny Goodge Street"). Mais le titre principal, "Le Feu du ciel", est une de ses propres compositions qui, d'ailleurs, obtient un certain succès en radio. Des passages malheureusement trop peu nombreux pour en faire un tube.
Cette chanson, "Le Feu du ciel", annonce déjà le "son" que l'on retrouvera tout au long de ses futurs enregistrements : une voix très pure et riche en trémolos et vibratos, soutenue par un jeu de piano assez classique. Mais si le son est présent, la couleur n'y est pas. Ce premier 45 tours à la pochette grise et triste n'obtient aucun succès.
Le son sans la couleur, ça ne pouvait pas fonctionner. Et cette couleur, c'est Berger qui va l'apporter à Véronique. Une couleur immuable, d'ailleurs, car lorsqu'il se tournera vers Françoise Hardy puis vers France Gall après que Véronique l'ait quitté, le public retrouvera sans difficulté l'environnement musical bien particulier du grand sorcier qu'est devenu Michel.
Avec quelques difficultés, d'ailleurs, car, ayant signé un contrat de sept ans, elle se trouve obligée d'en attendre la résiliation anticipée pendant plus de trois mois. Quoiqu'il en soit, elle rejoint Elektra (WEA) à peu près en même temps que Berger qui, lui aussi, vient de quitter leur maison de disques précédente.
Entre Véronique Sanson et Michel Berger, le courant passe, et leur travail en commun est une réussite. L'idée de génie, qui accroche l'oreille, c'est cette "voix qui tremble", qui est la marque de fabrique des productions Berger / Sanson. C'est immédiatement le succès avec "Besoin de personne" puis "Amoureuse" qui, l'année suivante, fera le tour du monde grâce à la version de l'Anglaise Kiki Dee, future vedette en duo avec Elton John ("Don't go breaking my heart")... Le monde est petit : Berger écrira "Il jouait du piano debout" (1980) en hommage à Elton, et France Gall enregistrera en duo avec l'artiste anglais ("Les Aveux", 1981).
Le premier 33 tours de Véronique est un petit chef d'uvre, à tel point que le disque est publié aux U.S.A. Il faut dire que Véronique a signé sur une firme d'origine américaine, Elektra. L'album en édition américaine recèle certains titres chantés en anglais, comme, évidemment, son tube "Besoin de personne "qui devient "Needed Nobody".
Si, hélas, elle a bien du mal à séduire un vaste public d'Américains, elle séduit l'un d'entre eux, le guitariste Steve Stills, du célèbre quatuor Crosby, Stills, Nash and Young. Elle l'épouse en 1973 et, en conséquence, cesse sa collaboration avec Berger. Ce dernier, désespéré, publie, deux mois après le mariage Sanson-Stills, un album intitulé "?". Sur la pochette, un cur brisé. Véronique s'américanise, y laissant la fraîcheur de ses premiers opus. Le son Sanson -pardonnez la formule- y gagne en swing. N'est-elle pas accompagnée sur scène par la rythmique des cuivres de Stevie Wonder ? Le mariage à l'américaine sera de courte durée. Stills est violent ; Véronique le quitte. Ils ont eu un fils, Christopher, aujourd'hui musicien réputé.