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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


Régulièrement un nouvel Article.


Déjà environ 300 Articles proposés sur quelques anecdoctes, révélations ou secrets des Stars de la musique ou sujet divers...


Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

John Lennon marqué à vie par la mort de sa mère

L'adolescent retrouve sa mère tardivement et la perd aussitôt


Le mariage improbable du Beatle John Lennon avec l'artiste japonaise Yoko Ono s'explique par les carences affectives dont il souffrit enfant et adolescent


Les fans des Beatles n'ont pas toujours bien compris pourquoi John était tombé amoureux fou de Yoko, nettement plus âgée que lui. Or la réponse il l'avait donnée au magazine Rolling Stone : " Elle est la mère nourricière, la terre maternelle,la mère de mon enfant, ma mère, ma fille... " Et durant les séances d'enregistrement du disque (et également du film) " Imagine ", Lennon déclare : She's a lovely mother to me, a lovely mother. Pour John, Yoko était tour à tour (voire simultanément), l'épouse et la sœur, la maîtresse et la mère, la "mère supérieure" chantée en 1968 dans " Happiness Is A Warm Gun ". En gros, tout ce que fut ou, au contraire, ne fut pas sa mère Julia.


Son père


De son père, Lennon n'a jamais beaucoup parlé : c'était un traîne-savates qui les avait abandonnés. Il revint à Liverpool lorsque son fils fut connu, essayant de lui extorquer un peu de son immense fortune. Il ne méritait pas une chanson. Sa mère, en revanche, hante l'œuvre de John, du tendre " Julia " sur le " Double Blanc " en 1968 aux déchirants " Mother " et " My Mummy's Dead " du Plastic Ono Band en 1970. Sans oublier le prénom de son premier fils : Julian, en souvenir de sa mère Julia décédée dans l'hôpital même ou naîtra l'enfant cinq ans plus tard.


Une mère adulée mais néanmoins volage


Bien que mariée avec l'éternellement absent Fred Lennon, Julia papillonnait. Avec, notamment, un garçon de café surnommé " Clin d'œil " en raison d'un tic nerveux, Julia avait eu deux filles. Elle vivait à quelques kilomètres du domicile de sa sœur Mimi, à qui elle avait confié John. Depuis longtemps, John était entre les mains de sa tante Mimi, qui avait fait de lui un garçon sage et plutôt brillant. Mais rapidement John ne put plus se satisfaire d'une tendresse de substitution.


Les retrouvailles avec sa mère coïncident avec le début de sa période " méchant garçon ".


C'est chez Julia qu'il se change, passant un cuir, un jeans et des bottes, alors qu'il a quitté le domicile de Mimi, sis Menlove Avenue, en costume impeccable. Devenu cancre notoire, c'est John qui contraint sa tante à devenir plutôt autoritaire, vers la fin de son emprise. C'est elle, toutefois, qui encouragea le gamin à lire ces contes et récits (de Lewis Carroll, notamment) qui vont hanter ses meilleures chansons du temps des Beatles. Textes poétiques, hermétiques et alambiqués, que, dans une certaine mesure, John, interviewé par Jonathan Scott, n'hésitera pas à renier ultérieurement : " Dès l'album " Mother ", je me mis à essayer d'élaguer mes textes de tout ce fatras d'imagerie, de prétentions poétiques, d'illusions de grandeur, bref, ce que je qualifierai de " Dylan dylanesque ". Il lui aura fallu quitter le groupe pour également quitter l'enfance et se livrer à une œuvre introspective d'adulte paumé.


Des relations équivoques...


Elles ne sont pas ordinaires, les relations qui unissent John à Julia, maman copine, frivole et volage, qu'il avait finalement peu connue, mais qu'il adorait. Julia se plaçait beaucoup plus en girlfriend qu'en maman. John joue le jeu, et elle le lui rend bien. Il ne la voit nullement avec les yeux d'un enfant pour sa mère, ceci expliquant que " Julia " est une véritable chanson d'amour. Toute l'histoire future des relations entre John et Yoko est contenue dans cette révélation. John n'aura pas eu de mère ; qu'à cela ne tienne, cette femme absente deviendra le grand, et très certainement le premier, amour de sa vie. Il lui sera immédiatement ravi, lorsqu'il a 17 ans et demi. Durant l'été 1958, en effet, Julia était morte d'un accident de la circulation, presque sous les yeux de son fils. John, immédiatement, avait " déjanté ", devenant encore plus teigneux qu'il ne l'était auparavant. À l'injustice tout court qui vous fait naître riche ou pauvre, il en voulait déjà d'avoir choisi, pour lui, le second cas. Il n'allait pas tarder à découvrir l'injustice sociale, révélée par une enquête bâclée et un procès rapidement expédié : c'est un flic en état d'ivresse qui conduisait le véhicule ayant percuté Julia. Il aura un blâme, point final. " Orphelin " depuis si longtemps, John pleure sa " copine " Julia. Quelques semaines plus tard, il rencontrera Cynthia, sa première épouse. Mais, pour être plus précis, c'est Cynthia qui rencontrera John. Car lui, finalement, ne sait plus véritablement où il est, où il en est.


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