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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


Régulièrement un nouvel Article.


Déjà environ 300 Articles proposés sur quelques anecdoctes, révélations ou secrets des Stars de la musique ou sujet divers...


Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

Nina Hagen

Que restera-t-il de son œuvre


Aujourd'hui encore, l'artiste allemande se produit aux quatre coins du monde. Mais sa notoriété reposait sur bien peu de choses : un tube en 1980 puis... rien ! Si son disque n'était pas sorti à grand renfort de publicité sur un label de disque hyper puissant (CBS) le nom de Nina Hagen serait sans doute aujourd'hui toujours ignoré. Elle doit sûrement en avoir assez qu'on réclame sans cesse qu'elle interprète "African reggae", ce tube déjanté qui fit d'elle une star internationale au début des années quatre-vingt. Mais lorsqu'elle essaya de se renouveler, ses efforts furent vains. Sa renommée repose à jamais sur une seule chanson... Trente ans plus tard, est-elle de taille à revenir au premier plan?


Un parcours digne d'intérêt


Elle est née en 1955. Son prénom, Katherina, est raccourci en Nina. Son nom est connu bien avant sa naissance : les parents Hagen sont des Berlinois de l'Est fort réputés. Le père est écrivain ; la mère, remariée avec le poète dissident Wolf Biermann, est comédienne et chanteuse réaliste. Nina quitte l'école à 1972 pour se consacrer à la chanson, et particulièrement au rock, qu'elle interprète ici ou là au gré de ses voyages. En Pologne, elle interprète du Janis Joplin, à Londres elle découvre le punk et travaille quelques temps avec Johnny Rotten, leader des Sex Pistols. De retour à Berlin-Est, elle monte les groupes Automobil et Fritzen Dampferband, se fait expulser en 1976 pour attitudes antisociales. De l'autre côté du Rideau de fer, on lui propose immédiatement un contrat d'enregistrement. A Berlin-Ouest, elle monte une nouvelle formation, Ex-Lok Kreuzberg. Son premier album, riche en histoires de vampires, constitue déjà une excellente approche de la folie hagenienne.


Le succès survient avec le deuxième album, " Ubehagen " (en français, " Mal à l'aise ").


Celui-ci contient le tube African reggae. Nina, en 1980, devient le symbole de la provocation à l'Européenne, voire de la révolte outrancière, donnant, à la télévision autrichienne, un cours de masturbation en direct. N'a-t-elle, dès lors, plus rien à dire ni à prouver ?


L'inspiration s'essouffle, l'expiration l'époumone


Au cinéma, son film Cha-Cha est un naufrage. Sa tournée mondiale en 1981 constitue un échec. Bref, il est temps pour elle de se faire oublier. Ce à quoi elle parvient sans grande difficulté. Elle se retire aux States, fait un bébé, se tourne vers la religion orientale et, à l'instar des bonzesses, se rase le crâne. Mais c'est en nonne qu'elle pose en 1982 sur la pochette de son troisième album, le décevant Nunsexmonkrock.


Imperturbable, depuis elle sort en moyenne un album par an...


L'étoile filante qui n'est jamais retournée au hit-parade opère de temps à autre une tentative de come back appuyée par une tournée mondiale. En 1990 la voici installée à Paris où elle donne naissance à son second enfant. Naissance immédiatement suivie par une tournée européenne (1991). Paradoxalement rétro, elle publie en 1992 une version allemande de "Hair", comédie musicale américaine de 1969... En 1999 elle participe à une remise au goût du jour de l'"Opéra de Quat' Sous" de Brecht et Weill... et en 2006 un album entièrement consacrées à des chansons des années trente ("Nina Hagen and the Capital Dance Orchestra"). Entre-temps elle avait été présentatrice sur une télé londonienne. Puis revient à la scène : elle se produisait à Paris en septembre 2009. Et ces jours-ci elle publie un nouvel album.


Un disque gore?


En tout cas, Nina semble être tombée dans la marmite de la religion, si l'on en croit son site où Dieu est omniprésent. " Avec Nina Hagen, choisissez votre Jésus personnel, c'est ma tournée " découvre-t-on en page d'accueil. Quant aux chansons ? Philippe Barbot, qui a eu le privilège ( !) d'en écouter des extraits, les commente sur son blog… et l'on constate que la plume de l'ex-journaliste de Télérama est toujours acérée : " C'est le dernier avatar de miss Hagen : une conversion au christianisme et, dans la foulée, un nouvel album baptisé (c'est le mot) " Personal Jesus ". Treize titres oscillant entre gospel, blues et country, dans lesquels la Castafiore teutonne laisse libre cours à ses célèbres divagations vocales, dans une tonalité de plus en plus grave (l'âge ? les clopes ? la bière ? le foie ? la foi ?) ". " Personal Jesus " est la reprise d'un titre de Martin Gore publié sur l'album " Violator " de Depeche Mode. Ce titre lui avait été évoqué par des propos de priscilla Presley concernant son King de mari. Et Nina a promis que si son disque se vend bien (souhaitons- le lui), elle a l'intention " d'acheter " un village pour y accueillir tous les Roms expulsés ces dernières semaines par le gouvernement de sarkozy. Peut-être qu'à la suite de ça Nina nous concoctera un album de chants tziganes.


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