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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


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Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

Daniel Filipacchi, un patron de presse dynamique

A la radio, il fut, de 1959 à 1969, le grand frère idéal de toute une génération. Mais il serait réducteur de résumer sa carrière à une émission de radio, aussi célèbre fut-elle


Daniel Filipacchi s'adresse aux adolescents pour qui il représente le grand frère idéal ; son style apparemment décontracté leur convient parfaitement. En réalité, il détestait parler, et c'est peut-être justement là que réside son efficacité, à une époque où le public demande "plus de musique et moins de bla bla" (8). En 1959, prenant le relais d'Europe-Jeunesse, il présente Salut les copains (9) qui, sous son impulsion, passera d'une demi-heure à une heure et demie, puis deux heures (17h - 19h) au milieu des années soixante et sera diffusée six jours sur sept ; l'émision est classée première dans le choix des auditeurs de toutes les radios confondues, devant deux autres émissions d'Europe N°1 (Les Auditeurs mènent l'enquête et Musicorama) et le Quitte ou double de Radio Luxembourg. Trois ans plus tard, Filipacchi créée le mensuel Salut les copains, magazine.


Sur Europe n°1 (1959-1969) L'émission de radio n'a duré que dix ans... mais on en parle encore


Son influence a rayonné bien au-delà des années soixante. Son créateur Daniel Filipacchi est le grand frère de toute une génération Tout a vraiment commencé en 1955, avec la double naissance d'Europe n°1 et du poste à transistors. Les jeunes de l'après-guerre commencent à avoir un peu d'argent de poche. Ils représentent un marché émergent. Mais ils n'ont pas encore d'environnement culturel bien à eux : pas de presse écrite (les illustrés comme Spirou et Tintin sont déjà dépassés, et Pilote, plus adulte, ne sera lancé qu'en 1959). Ils ont tout le mal du monde à écouter du rock'n'roll, puisque les disques américains sont introuvables en France. Bref, il leur fallait une radio, une émission phare et un magazine bien à eux.


Dès sa naissance, Europe n°1 avait cerné son auditoire


La future grande station se tourne d'abord vers les plus jeunes avec Europe-Jeunesse, en partenariat avec l'hebdomadaire Spirou. L'émission vivote. La cible des annonceurs, finalement, ce sont les adolescents. Et qui saurait mieux leur parler de rock'n'roll qu'un jeune phtographe baroudeur, imprégné de la culture américaine et passionné de jazz ? Déjà animateur, avec Frank Ténot, de Pour ceux qui aiment le jazz, Daniel Filipacchi prend en 1959 le relais d'Europe-Jeunesse. Il reprend en ami Salut les copains jusqu'alors animé par Suzie, une jeune Américaine.Sous son impulsion, SLC / Salut les copains passera d'une demi-heure à une heure et demie, puis deux heures au milieu des années soixante et sera diffusée six jours sur sept ; l'émision est classée première dans le choix des auditeurs de toutes les radios confondues, devant deux autres émissions d'Europe n°1 (Les Auditeurs mènent l'enquête et Musicorama) et le Quitte ou double de Radio Luxembourg. Trois ans plus tard, Filipacchi créée le mensuel Salut les copains, magazine dont nous aurons l'occasion de reparler.


Le grand frère idéal


Sous la houlette de Daniel Filipacchi, les ados n'ont plus envie de " mal tourner ", et cette réaction est salutaire en cette période où l'on parle trop souvent des " blousons noirs ", jeunes délinquants dont l'image est trop souvent associée à tort au rock'n'roll. Daniel est loin d'être excité. Son style apparemment décontracté convient parfaitement aux jeunes, stressés à l'heure de faire les devoirs du lendemain (l'émission est diffusée entre 17 et 19 heures). Filipacchi détestait parler, et c'est peut-être justement là que réside son efficacité, à une époque où le public demande "plus de musique et moins de bla bla.


1962-1967 : l'apogée de SLC


En 1962 c'est l'explosion du twist. Tout le monde s'y met, y compris les adultes. Désormais, la musique rythmée ne fait plus peur. Oubliés les " blousons noirs ", remplacés par les " yéyés ", un peu simplistes mais si sympathiques. Filipacchi, via son émission, a " inventé " les idoles des jeunes que sont Hallyday, Anthony, Mitchell, Rivers, Vartan, Hardy, Clark... que l'on n'appelle que par leurs prénoms : Johnny, Richard, Eddy, Dick, Sylvie, Françoise, Petula... sans oublier les incontournables Clo-Clo et Sheila. C'est l'esprit copains, celui des bandes et des groupes.


L'union avait fait la force


L'esprit "copains" qui prédominait chez les jeunes de 1962 disparut en même temps que les groupes qui dominaient la scène musicale (Chaussettes Noires, Chats Sauvages, Pirates, Champions, Vautours et Daltons). Pourquoi partager en quatre, cinq ou six parts les fruits d'une popularité qui repose sur le leader de la formation ? Chacun, de Eddy Mitchell à Dick Rivers, entama une carrière individuelle tandis que les accompagnateurs retournaient à l'anonymat. Aucun espoir non plus de reconstitution, l'appel sous les drapeaux réduisant à néant toute perspective d'avenir pour une formation musicale. Coup de grâce : la mini révolution de 1968 confirme la désaffection du public pour les "yéyés". Salut les copains quitte les ondes (mais pas les kiosques) en 1969 après dix ans d'un succès sans précédent dans l'histoire de la radio. Une révolution dont on n'a pas fini de parler : aujourd'hui encore, lorsque deux quinquagénaires font connaissance, ils imposent immédiatement le tutoiement : " On est de la génération Salut les copains ", expliquent-ils en souriant.


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