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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


Régulièrement un nouvel Article.


Déjà environ 300 Articles proposés sur quelques anecdoctes, révélations ou secrets des Stars de la musique ou sujet divers...


Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

Barbara : des années à devenir elle-même


Elle a l'écriture pour passion, mais attend longtemps avant d'oser


Discrète pianiste de cabaret.


Pourquoi décide-t-on de se faire appeler "Barbara" lorsqu'on se nomme en réalité Monique Serf ? Née en 1930, Monique, enfant, a connu ou au moins ressenti la difficulté d'être juive. A tel point qu'elle chasse le passé de son présent, s'acharnant à déchirer les photos d'elle lorsqu'elle était enfant. Avec Gottingen (1965), elle évacuera ses souvenirs de la guerre en rêvant à un monde meilleur.


La famille Serf a connu l'exil et la fuite


C'est de sa grand' mère née près d'Odessa que Monique choisit le prénom qui lui apportera la renommée : son aïeule s'appelait Varvara Brosky, elle choisit pour pseudonyme Barbara Brodi. Sous ce nom, dès 1950, elle se produit devant le petit public des cabarets, d'abord en Belgique (Charleroi) puis à Paris. Elle brûle de composer et d'écrire ses textes, mais se contraint à interpréter le meilleur des autres : Juliette Greco, Edith Piaf, Germaine Montero. En 1953, elle se marie, mais pour deux ans seulement


Sa première émission de télé, en 1958, lui apporte un début de renommée


Un peu maladroitement, on la compare à Yvette Guilbert. Ce semblant de renommée lui donne confiance en elle ; elle s'autorise début 1959 à signer ses premières chansons : un vieux rêve...


La petite Monique rêvait de devenir chanteuse et pianiste


Une petite cantate (1966) fut écrite en souvenir de la période où elle était pianiste au cabaret L'Ecluse, surnommé "le plus petit music-hall de Paris". Auparavant, pendant un an, elle lave la vaisselle du Tout-Paris à La Fontaine des Quatre Saisons, cabaret tenu par les frères Prévert. Elle avait passé avec succès des auditions, mais, manque de chance, le programme était archi-bondé... alors qu'il manquait un plongeur aux cuisines ! En désespoir de cause, elle accepta le gagne-pain. Elle sera ensuite caissière, puis vendeuse de Coca-Cola en Belgique.


Pour revenir en France, à court d'argent, elle fait de l'auto-stop


Elle est véhiculée par un certain Monsieur Victor, proxénète qui lui donnera matière à chanson. Tout comme Brassens, Barbara plante un univers poétique composé de véritables épisodes de sa vie : Nantes, en souvenir de son père qui y mourut... son père qui est "l'Aigle Noir" de la chanson. L'événement remonte à 1959, mais Barbara ne put achever la chanson qu'en 1963. Nantes lui vaut le Grand prix de la Chanson 1965 décerné par l'Académie Charles Cros. Pour beaucoup, ce titre représente la suite logique de Dis, quand reviendras-tu ? L'ombre d'un père omniprésent dans son œuvre.


Sa carrière ne s'est pas affirmée du jour au lendemain


Il lui faut attendre quinze longues années avant que le grand public prenne conscience de son existence. Ses années cinquante sont presque misérables, ses années soixante resplendissantes, et c'est peu dire que Denise Glaser l'a grandement aidée grâce à son émission de télé dominicale Discorama. Dès lors, les "tubes" (le mot semble bizarre, appliqué à son œuvre) se succèdent à un rythme effréné (Si la photo est bonne, Le Petit Bois de Saint-Amand, Elle vendait des p'tits gâteaux (une " scie " datant de 1919 pour la première version de Félix Mayol sur une musique de Vincent Scotto), Ma plus belle histoire d'amour, Moi je me balance, La Longue Dame brune en duo avec Moustaki) jusqu'à L'Aigle noir qui domine les hit-parades en 1970.


Barbara sur grand écran, Barbara sur les planches


En 1972, sous la réalisation de Jacques Brel, elle interprète avec lui Franz, un film qui n'a pas marqué les esprits mais qui permet à ses admirateurs de la découvrir sous un autre angle. Elle en fera autant quatorze ans plus tard : en 1986, au Zénith, elle sidère son public habituel en proposant Lily Passion, un spectacle avec Gérard Depardieu.


Une curieuse parenthèse dans sa carrière de chanteuse et accessoirement d'actrice...


Une parenthèse qui ne semble guère l'avoir satisfaite car, si un enregistrement fut réalisé dans l'action et proposé sur disque au public, en revanche le " vrai " disque tel qu'il avait été conçu, en 1985, avec William Sheller et Roland Romanelli, n'a jamais vu le jour et les masters ont disparu. On ignore toujours où sont les bandes studio de cet enregistrement en passe de devenir mythique. Le bruit courait que Barbara les avait enterrées dans son jardin. Or, peu avant de mourir, l'artiste avait demandé à sa maison de disque de les retrouver en vue d'une publication. Visiblement, leur localisation s'avère problématique. L'âge venant, elle déserte les studios d'enregistrement seize longues années avant de publier son ultime album, éponyme, un an avant son décès (novembre 1997).


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