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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


Régulièrement un nouvel Article.


Déjà environ 300 Articles proposés sur quelques anecdoctes, révélations ou secrets des Stars de la musique ou sujet divers...


Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

Marie Dubas (1894-1972), une rivale d'Edith Piaf


Elle se destinait à l'opérette, elle doit se cantonner à la chanson


Un accident vocal survenu jeune l'oblige à changer de style. Elle sera " diseuse ", chanteuse fantaisiste et actrice. Bien qu'adulée, elle détestait se voir ou s'entendre


Née à Paris en 1894, Marie Dubas, pour des raisons de santé, abandonne le bel canto au profit du domaine de la chanson, moins éprouvant pour ses cordes vocales. Ses véritables débuts dans cette discipline se font à l'Olympia, en 1927, année de son premier succès, Pedro ; elle s'illustre aux Folies-Wagram (1928), à l'Empire (1930) et au Casino de Paris où elle est la vedette en 1932 de la revue Sex Appeal spécialement conçue pour elle. Elle étoffe son répertoire à l'ABC et à Bobino ; il semblerait qu'elle fut la première, en 1933, à réaliser, en France, un vrai "tour de chant" : trente-cinq chansons d'affilée par une même interprète. Et sans micro !


A l'époque, la star, c'est Marie Dubas, pas Edith Piaf


Dubas est une vedette confirmée, Piaf juste une étoile montante dont on ne sait si elle se maintiendra (elle a été inquiétée par la justice l'année passée) Bien que Piaf soit une dévoreuse d'hommes, sa rivalité avec Marie tournera, non pas, comme on pourrait le penser, autour d'un amant, mais de deux chansons, Mon légionnaire et Le Fanion de la légion, toutes deux signées Raymond Asso / Marguerite Monnot, futurs auteurs-compositeurs attitrés de la môme Piaf .


En 1937, Piaf s'entiche d'un beau militaire


C'est pour lui qu'elle inscrit ces deux chansons à son répertoire. Mais Edith, comme toute débutante, est loin d'être infaillible ; elle doute de l'impact de Mon légionnaire sur son auditoire et le remplace bientôt par Comme un moineau. Dépité, Raymond Asso confie la chanson, ainsi que Le Fanion de la légion, à Marie Dubas. C'est alors qu'Edith réalise son erreur, se rétracte et réintègre Mon légionnaire à son répertoire.


Au bout du compte, les deux interprètes se partagent les faveurs du public


A partir de ce moment, Edith et marie deviennent amies. " Je dois beaucoup à Marie Dubas, assurait Piaf. Elle a été mon modèle, l'exemple que j'ai voulu suivre ; c'est elle qui m'a révélé ce qu'est un artiste de la chanson ". Une admiration qui n'est pas exempte d'une certaine forme de vampirisme, quand on sait que Piaf était allée applaudir son aînée une quinzaine de fois d'affilée pour lui " piquer " des trucs de scènes.


Les années trente : la grand période de Marie Dubas


Ses succès, en permanence disponibles sur disques, sont à la fois peu nombreux (entre 1934 et 1939, elle ne commercialisa que six chansons, soit trois 78 tours) et très variés, passant avec totale aisance du comique (Le Tango stupéfiant, 1936) au tragique (Quand la Charlotte prie Notre-Dame dans la nuit du réveillon, 1934)... Croyez-vous ma chère et Son voile qui volait trahissent l'influence d'Yvette Guilbert... Les Chansons du monsieur bleu (1934) est un pot-pourri de chansons enfantines... La Femme du roulier est une chanson du folklore dont l'origine se perd dans la nuit des temps... Sa version du Doux Caboulot passerait peut-être encore aujourd'hui à la radio si Yves Montand ne l'avait jamais enregistré.


Comme beaucoup, la guerre l'éloigne de son public ; elle le retrouve, fidèle...


Exilée, elle se produit en Afrique du Nord, au Portugal, en Suisse et aux Etats-Unis ; mais sa notoriété, en France, a été a peine écornée. Le succès ne l'abandonne pas une seule fois en trente années d'enregistrements et de galas. Lorsqu'elle ne chante pas, elle est au théâtre (en 1950, elle joue Le Petit Café avec Bernard Blier). En 1953 elle fête un quart de siècle en chansons à Bobino et, en 1955, "fait" la réouverture de l'Olympia en vedette avec Damia. Seuls des problèmes de santé surent mettre fin, en 1958, à son activité débordante. Elle meurt en 1972.


Un héritage plutôt modeste


Marie enregistrait avec parcimonie. "Les artistes font des progrès, pas les disques", déclara-t-elle en 1960. Longtemps, son perfectionnisme exacerbé l'avait tenue éloignée des caméras (elle détestait se voir au cinéma ou à la télévision) et même des micros : elle avait, certes, enregistré de nombreuses chansons mais hélas, elle n'en était pas satisfaite. Certaines verront le jour après sa mort, d'autres ont disparu à jamais.


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