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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


Régulièrement un nouvel Article.


Déjà environ 300 Articles proposés sur quelques anecdoctes, révélations ou secrets des Stars de la musique ou sujet divers...


Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

La censure dans les paroles de chansons de rock


Parfois trop hardies, les ritournelles devaient assagir leur message


Dès sa naissance, le rock'n'roll inquiéta. Les jeunes pouvaient danser, se défouler... mais pas question d'aller trop loin en ce qui concernait les textes des chansons


L'industrie discographique, parfois, sortit ses gros sabots : la firme MGM résilia purement et simplement les contrats des artistes qui employaient les mots "fuck", "shit", etc. dans les paroles de leurs chansons. Mais la censure, le plus souvent, se montrait discrète...


Elvis Presley, premier concerné


En février 1959, Elvis est n°1 au hit-parade américain avec "One Night" (super 45 tours RCA EP 86 302). Cette chanson fut dénaturée afin d'éviter toute polémique : la version originale, enregistrée en 1956 par Smiley Lewis, s'intitulait "One Night Of Sin" (une nuit de péché), mais la phrase "One night of sin is what I'm paying for" (qui suggère la notion de prostitution) sembla trop risquée pour l'image de marque de Presley. En conséquence, Evis chanta "One night with you is what I'm praying for". A une lettre près, en effet, "paying" et "praying" ont deux sens tout à fait différents ! Mais si cette histoire n'est pas près d'être oubliée, elle n'était pas la toute première censure appliquée au rock'n'roll


Bill Haley, fermement décidé à entrer au hit-parade


De lui-même, l'interprète du célèbre "Rock around the clock" modifie en 1955 les paroles de "Shake, Rattle and Roll", un tube de Joe Hunter déjà publié l'année précédente : "Get out of the bed" devient "Get out of the kitchen". Pour un bon Américain, la place de la femme est-elle dans la cuisine plutôt que dans la chambre à coucher ? Il change également "Tu portes un décolleté / Le soleil passe à travers" en "Tu portes ces habits / Tes cheveux tombent si bien". Malgré la pauvreté des nouvelles paroles, Haley avait été bien inspiré : il se retrouva 4ème au hit-parade en Angleterre alors que, dans ce pays, le disque de Joe Hunter était passé totalement inaperçu.


Hank Ballard, prince du twist


Le mot "work" ("travail") est sexuellement allusif. C'est ainsi que "Work with me, Annie" de Hank Ballard and the Midnighters sera adouci en "Roll with me, Annie". Pire, la chanson deviendra enfin "Dance with me, Annie" ! Dans l'argot des ghettos noirs, "to rock" et "to jazz" signifiaient "faire l'amour".


1967 : Let's spend the night together (Rolling Stones)


Pour un passage à heure de grande écoute sur une télé américaine, Mick Jagger est invité à changer quelques paroles considérées comme trop choquantes ; c'est ainsi que "let's spend the night together" ("passons la nuit ensemble") fut ce soir-là transformé en "let's spend some time together" ("passons un moment ensemble"). D'accord pour raccourcir la durée du temps passé, pourvu qu'on s'amuse !


Des mêmes Rolling Stones...


En 1964, de violentes émeutes raciales aux Etats-Unis avaient conduit de nombreux animateurs de radio à ne pas diffuser la chanson "Dancing In The Street" ( Inutile de dire qu'il en va de même lorsque les Rolling Stones évoquent les combats de rue en plein mai 68 : "Street Fighting Man". Drôle, quant on pense que quelques mois auparavant, c'était l'été des hippies, l'été des fleurs, "l'été de l'amour", et que les Rolling Stones eux-mêmes chantaient alors un hymne à la paix, "We love you". En Grande-Bretagne, le titre ne sortira en 45 tours que... trois ans plus tard, le temps, sans doute, que les esprits se calment. Aux Etats-Unis, le 45 tours devait être publié sous une pochette illustrée qui, finalement, fut interdite : "Street fighting" signifie "émeute, combat de rue", et le cliché choisi représentait des gens se battant dans la rue. Or au moins quelques unes de ces pochettes ont été confectionnées. Leur valeur est approximativement 1000 dollars. 1000 dollars chacune !


Yoko Ono, égérie du Beatle John Lennon


L'artiste japonaise publie "Open your box" dont les paroles originales étaient "Open your trousers, open your legs and open your thighs" ("Baissez vos pantalons, écartez vos jambes et vos cuisses"). Leur firme discographique leur impose toute autre chose : "Open your houses, open your churches, open your lakes and open your eyes" ("Ouvrez vos maisons, vos églises, vos lacs et vos yeux").


Deux poids, deux mesures...


Curieusement, une conclusion s'impose : la censure n'est pas toujours justifiée et, en contrepartie, elle n'est parfois pas appliquée lorsqu'elle se justifie. La même année (1967) la chanson des Beatles, "Lucy in the Sky with Diamonds" est interdite sur la BBC car ses initiales sont LSD. En revanche cette même BBC diffuse massivement Jimi Hendrix avec "Purple haze" aussi bien que des extraits de son 33 tours "Are you experienced" dont les paroles et même les titres sont explicites


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