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By Daniel Lesueur & Dominic Durand

Les Petites Histoires de la Musique


Régulièrement un nouvel Article.


Déjà environ 300 Articles proposés sur quelques anecdoctes, révélations ou secrets des Stars de la musique ou sujet divers...


Par Exemple : Brian Wilson (Beach Boys) avait-il détruit son chef-d'oeuvre ?

Naissance du Rock


Le mot rock'n'roll a été inventé un soir de 1952 par l'animateur de radio américain Alan Freed. Sans grand mérite, d'ailleurs, puisque les termes "rock" et "roll" étaient déjà utilisés séparément.


Origine du mot... et connotations


La formule rock'n'roll jaillit dans la chanson Rock the Joint de Bill Haley and the Comets. Les paroles disent exactement "We're gonna rock, we're gonna roll". Bill Haley se trouvait avec Alan Freed dans une station de radio de Cleveland, dans l'Ohio, et Alan cria "Rock'n'roll everybody" au micro. C'était parti : les coups de fil à la station se mirent à pleuvoir, demandant de repasser ce "disque de rock'n'roll". C'est ainsi que Rock the Joint fut joué douze fois de suite, donnant officiellement naissance au rock'n'roll, terme aux connotations coquines que Boris Vian, spécialiste ès-Rock'n'roll traduisait habilement par "braiser" et "brander" !


L'hymne du rock'n'roll


Toutefois l'hymne du rock'n'roll, c'est "Rock around the clock", du même Bill Haley (dont le nom de groupe, the Comets, est un clin d'oeil à celle de Halley). Le 12 avril 1954, il entre en studio pour enregistrer ce qui deviendra l'hymne éternel de ce rythme nouveau et révolutionnaire : Rock Around the Clock. Le succès, néanmoins, n'est pas au rendez-vous : le rock'n'roll est soupçonné de participer à un vaste complot communiste visant à déstabiliser le régime et dégrader la morale avec sa musique décadente. Cette inquiétude envers les bonnes mœurs est tout à fait dans l'air du temps. Au même moment, l'Union soviétique et ses voisins communistes se ferment au rock'n'roll, considéré comme musique de dépravés. Chez eux aussi, le rock semble destiné à corrompre la société.


Elvis Presley / Bill Haley, même combat


Aux Etats-Unis, il faut attendre 1955 pour que la chanson Rock Around the Clock accrocheréellement le grand public. Durant quelques mois Bill Haley est plus célèbre qu'Elvis lui-même, grâce à son apparition au sein de la bande sonore de Blackboard Jungle (Graine de violence). Une scène du film est hautement symbolique : un professeur voit sa collection de disques rares de swing et de jazz totalement massacrée par des adolescents qui méprisent ces musiques de vieux. La querelle des modernes et des anciens ! Quelle qu'en fût le résultat, le rock, de toute façon, n'avait pas encore gagné sa croisade. Car dans les années 50, certains Etats américains étaient encore ouvertement racistes et les disques d'artistes noirs ne parvenaient pas dans les bacs des disquaires. Artiste noir... et de surcroît homosexuel, le premier visé était Little Richard, dont les versions de ses deux plus énormes succès, Tutti Frutti et Long Tall Sally, ne furent connues que bien plus tard : pendant de longs mois, on ne pouvait trouver, sur disque ou à la radio, que celles du chanteur blanc Pat Boone.


Et chez nous ?


En France aussi, la pilule eut du mal à passer, au moins au début, en faisant rapidement l'amalgame entre rock'n'roll et Blousons noirs. D'autres, comme Henri Salvador et Boris Vian, tousdeux fous de jazz, prirent le sujet à la rigolade. En fin de compte, la grande réconciliation fut organisée par Daniel Filipacchi qui appréciait les deux rythmes : avec l'arrivée de l'émission Salut les copains, on parla désormais de yéyés... nettement plus acceptables, socialement parlant, depuis l'avènement des Beatles.


Guerre planétaire autour du rock'n'roll


Culturellement, l'Est et l'Ouest se réconcilieront en 1987. Capitalistes et communistes se détestaient... mais ils détestaient encore plus le rock, chacun accusant l'autre d'être à l'origine de cette musique de dégénérés ! Le conflit culturel entre le bloc Ouest et le bloc prit fin qu'avec la publication en 1987 de l'album CHOBA B CCCP de Paul McCartney, l'ex-Beatle. Strictement destiné aux pays du monde communiste, l'album était constitué d'une bonne douzaine de standards du rock'n'roll des années 50. Symbole de réconciliation ou de revanche ? Pendant des mois, les jeunes occidentaux payèrent à prix d'or ce 33 tours qu'ils eurent un mal fou à trouver tant que n'était pas tombé le mur de Berlin !


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